test slider

Histoire

Cette page n’a pas la prétension de tout vous dire sur l’Aurore mais à partir d’un document rédigé à l’occasion du 90ème anniversaire de vous décrire comment est née l’association.

Création de la société sportive l’Aurore.
L’oeuvre de son fondateur. l’abbé ANGER
I – L’héritage de l’oeuvre paroissiale

Lorsque l’abbé ANGER arrive en 1907 à Vitré, il prend en main une paroisse déjà pourvue de son oeuvre, le patronage St-Martin. Patronage exclusivement masculin,
«il groupe les jeunes gens des trois paroisses de Vitré et tient bien sa place dans ce faisceau d’oeuvres que possède le diocèse de Rennes».
Les activités semblent se présenter sous cet ordre: le patronage du jeudi et celui des vacances. Les jeunes gens se regroupent dans une salle spécialement affectée à l’usage du patronage. Elle se situe non loin de l’église, rue des Viviers, ce qui lui vaut parfois l’appellation du Patronage des Viviers.
Le patronage fonctionne le jeudi et tous les jours des vacances scolaires à des horaires fixes: de 8h30 à 11h et de 13h30 à 19h. On compte en 1909, 50 enfants présents puis 80 à la fin du patro de vacances. L’accès y est gratuit et les activités s’organisent selon un programme précis de la journée. Le matin, messe à 8 h, puis viennent les «chansons ou cantiques et l’instruction religieuse avec prière pour les petits et les moins savants, catéchisme expliqué pour les autres avec quelques instants de récréation. L’après-midi, promenade s’il fait beau temps, l’enfant doit apporter sa collation. 17h15, contrôle des présences, instruction et prière».
Il ne faut pas négliger, dans ce programme d’apparence rigoriste où l’instruction religieuse entame une bonne part, la place largement accordée aux jeux de l’après-midi.

Le patronage semble donc avoir de profondes racines lorsqu’arrive l’abbé ANGER. Seulement un an après avoir pris les rênes de l’oeuvre, le voici à son tour tenté de suivre l’exemple de villes voisines plus importantes, c’est à dire de transformer le patronage St-Martin en société sportive dans la lignée du Docteur MICHAUX et de la F.G.S.P.F.. Beaucoup d’associations sportives du département dérivent en effet «très directement d’oeuvres de jeunesse ou de patronages». Le patro constitue alors une source de forces vives prêtes à s’adonner à la pratique de l’éducation physique.

2 – Le patronage Saint-Martin : un vivier sûr pour l’Aurore

Pour mener à bien son entreprise, l’abbé ANGER doit s’assurer tout d’abord de moyens humains. Quoi de plus tentant alors que de puiser dans le patro déjà établi.
Il y a là une population d’enfants et de jeunes gens dont l’âge ne dépasse guère les 13 ans. C’est pour une large proportion des enfants provenant du milieu urbain, et qui plus est ouvrier, dans ce Vitré où fleurissent ateliers et fabriques.
Quant à l’appartenance religieuse, on se dit assez large sur le choix du recrutement, le patro étant ouvert «aux garçons des trois paroisses de Vitré, aussi bien à ceux de Notre-Dame que de Ste-Croix qu’à ceux de St-Martin, aux enfants de l’École Libre comme à ceux de l’École Municipale. Qu’on veuille bien se le dire I». Le témoignage de l’abbé Francis MEHAIGNERIE, dont nous aurons l’occasion d’apprécier plus loin l’action à l’Aurore, nous éclaire sur ce recrutement d’apparence très large. «A l’origine, le recrutement du patro se faisait dans les écoles catholiques principalement, même s’il était ouvert à tous. Cette situation s’explique par le fait que les écoles catholiques étaient majoritairement représentées à Vitré. Le Pays de Vitré était, et est très conservateur, de forte tradition. Il y avait donc un recrutement massif dans les écoles catholiques de par leur prédominance». Ajoutons que l’enseignement laïque possède à Vitré, bien avant l’Aurore, son propre faisceau de sociétés sportives. la société de gymnastique la Vitréenne et celle de tir l’Union, respectivement fondées en 1891 et 1903, accueillent les jeunes gens des écoles communales. Le recrutement des oeuvres s’effectue selon leur identité, religieuse ou républicaine.

À l’occasion des Noces d’Argent de l’Aurore en 1933, l’abbé ANGER se souvient lors d’une allocution, de la motivation première de la naissance. «L’Aurore est née il y a 25 ans d’un besoin. Ce fut en effet à la demande réitérée des jeunes gens qui fréquentaient le patro que j’entrepris la fondation de l’Aurore, après l’accord de M. le Chânoine GUÉRIN», son supérieur. Le potentiel humain est là. Ce sont de jeunes garçons, à la recherche d’une éducation physique plus poussée que les simples jeux de plein air. Encore faut-il imposer l’entreprise de manière régulière et officielle, c’est à dire établir les fondements qui régiront la société naissante.
Malgré toute sa bonne volonté, l’abbé ANGER ne peut porter seul sur ses épaules la lourde charge administrative de la société. C’est ainsi qu’il s’entoure de quelques notables et autres représentants qui constituent alors le comité fondateur. Ainsi, dans l’ordre des fonctions:

– Président : Olivier FERRIER, pharmacien,
– Vice-président: Marcel RUPIED, notaire,
– Secrétaire : Jean GUESNE, étudiant,
– Trésorier : Auguste GUÉRIN, négociant,
– Conseiller : Auguste ROUSSEAU, docteur
– Moniteurs : Albert AUGERIE, menuisier
et Alexis BEDEAU, chaussonnier.

L’abbé ANGER prend lui la direction de l’oeuvre.

C’est le 3 décembre 1908 que l’Aurore est déclarée au Journal Officiel, dernière procédure avant de s’adonner aux réalisations concrètes.

LES DÉBUTS DE LA SOCIÉTÉ SPORTIVE SUR LE TERRAIN
DE 1908 À LA SECONDE GUERRE MONDIALE
A – Les activités de base et leur pérennité

Dans sa déclaration d’association, l’Aurore se présente comme une «société de gymnastique, tir, football et autres sports». Cette palette est en totale corrélation avec l’histoire même du sport qui connaît alors diverses tendances. En effet, «c’est dans le dernier tiers du XIXeme siècle que se diffusent en Bretagne comme ailleurs, les deux modes d’activité physique que tout oppose à l’origine dans leurs orientations et leur clientèle : la gymnastique et le tir, activités paramilitaires, liées à la préparation de la Revanche et les sports athlétiques et collectifs, de type britannique». L’Aurore adopte alors ces deux tendances; d’un côté la gymnastique et le tir, de l’autre le football, d’inspiration anglaise. Deux types de sport diamétralement opposés et dont les distinctions apparaissent nettement dans la pratique. A l’Aurore, les jeunes gars du patro s’adonnent à ces activités de base dès le début en 1908 et ce jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. L’année 1933 est en effet une année charnière pour la société qui opte alors pour de nouvelles options.

I. Gymnastique, fanfare et concours

a – La gymnastique

La gymnastique répond au «désir nettement affirmé après la défaite de 1870, d’une amélioration de l’état physique de la jeunesse, pour pallier l’infériorité ressentie face aux troupes allemandes aguerries depuis des décennies par le Turnkunst, cette gymnastique à connotation militaire et nationaliste.»
Ainsi, on ne peut que pratiquer la gymnastique à l’Aurore qui se veut le souffle nouveau de la jeunesse de Vitré, dans le but de former de vaillants soldats. C’est avec de maigres moyens tous relatifs à la société naissante, que les premiers exercices et entraînements débutent.
On compte au 1er janvier 1909, soit quelques semaines après la déclaration d’association, quelques 46 membres actifs à l’Aurore, dont 21 adultes menés par le moniteur AUGERIE, et 23 pupilles que dirige BEDEAU. Le chiffre évolue peu jusqu’à la veille de la première guerre mondiale puisque ce sont 47 membres actifs (28 adultes et 19 enfants) que l’on recense au 1er janvier 1912, ainsi qu’au 19 avril 1913. On peut penser qu’une quarantaine d’hommes, jeunes gens et enfants, pratique la gymnastique.
Même Si la gymnastique, le tir et le football composent l’éventail des activités de l’Aurore, on ne pratique pas de manière séparée les différents sports. C’est au niveau du calendrier que le découpage s’opère. A la belle saison, d’avril à septembre, c’est la gymnastique voire parfois l’athlétisme, alors que «les sports collectifs étaient complémentaires et se pratiquaient pendant l’hiver, très souvent par les mêmes éléments sportifs dont certains y ajoutaient la musique comme activité».

Ainsi dès le printemps 1909, le dimanche suivant Pâques, les gymnastes prennent contact pour la première fois avec le public vitréen.
Dans la continuité du patronage St-Martin, c’est dans la salle de la rue des Viviers que les prêtres et moniteurs accueillent dans un premier temps les gymnastes de la première heure. Mais devant l’exiguïté de l’édifice, le besoin se fait alors de plus en plus pressant d’abriter agrès et cordes à grimper dans un local plus vaste. C’est ainsi qu’au début, plusieurs années durant, il nous avait fallu camper à l’autre bout de la ville, dans une sorte de hangar ouvert à tous les vents. C’était véritablement les temps héroïques!» Ce hangar au bord de la Vilaine, rue des Augustins, c’est celui de M. COLLIOT. Mécanicien de profession, il met à disposition de l’Aurore ses ateliers de construction de machines agricoles. C’est là une solution de secours plus que la réponse aux besoins réels.
Deux années s’écoulent avant que n apparaisse un nouveau projet construire un local à la fois propre à l’Aurore mais aussi plus vaste.
En 1913, le stade de projet est dépassé quand l’abbé ANGER et le chanoine GUÉRIN posent la première pierre de l’édifice, à l’emplacement de l’actuelle salle de cinéma.
C’est au fond du terrain, le champ de la Bénédiction, que les travaux commencent. Mais le mouvement est vite brisé par la déclaration de guerre en 1914. «Le bâtiment à peine terminé fut réquisitionné par l’Intendance de l’Armée comme magasin à fourrages pour la durée de la guerre». Le local est alors indisponible. Les garçons en âge d’être appelés sous les drapeaux partent à la guerre, et ce sont quelques 21 victimes dans les rangs de l’Aurore qui tombent pour la France, soit près de la moitié de ses membres.
Après quatre années de guerre, l’oeuvre apostolique de l’abbé ANGER semble compromise. «L’avenir semblait donc rempli de promesses quand la guerre éclata soudain, réduisant à néant nos plus beaux rêves.» Seul un sursaut peut alors sauver l’Aurore.
Ce sursaut, les fondateurs ANGER et GUÉRIN le déclenchent en mai 1919. La réorganisation que prend alors en main l’abbé ANGER vise dans un premier temps à s’entourer de moniteurs compétents et formés au patro. «Je fis appel à deux anciens gymnastes de l’Aurore: Marcel GALPIN, aidé de Victor PASQUET, accepta la direction de la société, avec les ensembles, la préparation militaire, l’École du Soldat. Marcel PORÉE, remplacé bientôt pour raison de santé par Jean BUSSON voulut bien se charger des agrès. La clique fut confiée à Georges GROULT. Ils réorganisèrent la société, lui rendirent son activité, et l’Aurore reprit sa marche vers l’Étoile». Mais un bon encadrement ne suffit pas toujours à la reprise des activités tant que locaux et matériels ne sont pas à disposition.
Les travaux, interrompus lors de la guerre, font se dresser uniquement le bâtiment; l’aménagement reste encore à faire. Le chanoine GUÉRIN reprend alors son entreprise pensant qu’«une bonne installation matérielle était une condition essentielle du succès». Trois années s’écoulent, pendant lesquelles menuisiers, peintres, décorateurs et électriciens s’activent dans la salle pour qu’enfin on puisse bénir l’édifice à peine achevé. La bénédiction a lieu le 16 juillet 1922 en présence de l’archevêque. «Sa Grandeur revêtit ses habits de choeur et procéda à la bénédiction du patronage le plus beau», avait-elle dit, «du diocèse».

Share Button